Interviews, Music

Amaranthe

Lors du Graspop en juin dernier, nous ne savions encore rien du nouvel album d’Amaranthe. Et c’est avec assez bien de discrétion qu’Olof (guitare) et Elize (chant) m’en ont parlé. Quoiqu’il en soit, c’était plaisant de pouvoir m’entretenir avec eux de vive-voix pour aborder divers sujets autour de l’évolution du groupe.

Avez-vous apprécié votre passage sur scène cet après-midi ? Olof : C’était absolument fantastique ! Elize : Oui, c’était super de voir que la tente était remplie ! La dernière fois, on a joué sous une plus petite et de voir qu’on en remplit une plus grosse, c’est génial ! Tu ne sais jamais, elle pourrait être remplie à moitié…

Vous ne préférez pas jouer sur la mainstage ? Olof : A la même heure, non, parce qu’on ne peut pas utiliser les lights et l’atmosphère est plus froide.

Sinon, Olof, félicitations pour tes fiançailles ! Tu as fait ta demande sur la scène du Rockfest en Finlande il n’y a pas longtemps. C’était important pour toi de partager ce moment avec ton public ? Olof : En fait, j’étais parti pour faire ma demande à Paris. J’avais trouvé l’endroit parfait, ç’aurait été super romantique, mais on aurait vécu cela rien que tous les deux. C’est aussi une musicienne, elle joue dans un groupe qui s’appelle Haggard et bien sûr, on adore tous les deux être sur scène, c’est notre job, notre passion, ça représente tout pour nous. Je savais que pour elle, ça n’aurait rien de bizarre, donc plus j’y pensais, plus je me disais que ça avait du sens de faire ma proposition sur scène et de partager ce moment avec tout le monde présent. Il y avait dix mille personnes, c’était un peu intimidant et j’étais un peu nerveux, mais je pense que je n’ai pas été mauvais et ça s’est bien passé ! Elize : Tu as été super ! Et très courageux, aussi, je n’oserais jamais faire ça !

Pour en venir au groupe, Nils Molin (Dynazty) est votre nouvelle voix claire depuis un petit moment maintenant. Comment l’avez-vous recruté et comment ça se passe avec lui jusqu’à présent ? Olof : On le connaissait car on a joué quelques fois avec Dynazty. Je pense que la première fois remonte à 2012, c’était en Angleterre. J’avais beaucoup aimé leur prestation mais je n’avais pas encore remarqué le potentiel de Nils. Ce n’est qu’un peu plus tard, en écoutant l’album « Renatus », que j’ai noté quelques similitudes avec notre musique et je me suis dit que si Jake venait à partir, Nils serait un parfait remplaçant. Elize : Il avait même dit dans une interview que la musique d’Amaranthe l’inspirait quand il composait ! Sachant ça, on était sûr de s’entendre. Olof : On a encore fait quelques concerts avec Dynazty plus tard et on s’est rendu compte qu’on s’entendait vraiment bien avec Nils. Ce n’est pas qu’un bon chanteur, c’est quelqu’un de très agréable et d’intelligent. L’aspect humain est très important quand tu tournes beaucoup car c’est compliqué de voyager avec des gens que tu n’apprécies pas ou avec lesquels tu ne t’entends pas. En gros, Nils est parfait pour nous, tant humainement que vocalement ! Puis, le travail qu’on a fait ensemble sur le nouvel album est super, on est vraiment heureux de l’avoir avec nous maintenant !

Justement, vous venez de terminer l’enregistrement de ce nouvel album. Que pouvez-vous déjà révéler à son sujet ? Olof : Il y a douze chansons ! (rires) Ce que je dirais, c’est que c’est un album qui retourne un peu à nos débuts, aux deux premiers albums. Parce que si tu prends « Maximalism », nous avions volontairement fait un pas en avant pour explorer de nouveaux horizons et voir comment nous pouvions nous développer différemment. Quand nous avons commencé à discuter de ce nouvel album, nous nous sommes rendu compte que nous voulions ramener certains aspects de nos débuts qu’on ne retrouve dans aucun autre groupe de metal, tout en gardant les meilleurs éléments de « Maximalism ». Et bien sûr, nous voulions aussi intégrer une dimension futuriste qui constituerait à nouveau une étape supérieure pour Amaranthe, notamment au niveau de la composition. Je sais que chaque artiste dit que sa dernière création est la meilleure, mais pour moi, après douze albums dans ma carrière dont cinq avec Amaranthe, je peux définitivement dire que je n’ai jamais été aussi excité de toute ma vie de sortir cet album-là. Pour moi, il est très spécial.

Est-ce que l’album sera plus heavy ou plus pop ? Olof : J’ai probablement déjà dit ça pour l’album précédent (rires), mais ce nouvel album est définitivement beaucoup plus heavy, beaucoup plus metal. Et je pense que cette fois, les éléments pop sont beaucoup plus matures. Plus on compose avec ce genre d’éléments pop et plus on écoute ce genre de musique pour inspirer nos compositions, plus on apprend à faire une musique aussi bonne que n’importe quel hit en tête des charts. Je sais que ce sont de grands mots, mais je suis persuadé que notre combinaison fonctionne vraiment bien.

Et toi, Elize, tu as tellement de facettes dans ta voix… Elize : Ah bon ? Olof : Oui, c’est très vrai, les 50 nuances d’Elize ! (rires) Elize : C’est drôle de le dire comme ça, mais c’est vrai, j’ai certainement utilisé ma voix différemment sur cet album. Les gars m’ont dit que je n’avais jamais aussi bien chanté en studio, donc je suppose que c’est un compliment ! (rires) Je me suis demandé ce qu’ils voulaient dire par là mais ils m’ont rassurée en disant que j’étais juste beaucoup plus à l’aise et qu’ils avaient l’impression que je peux tout faire. Je pense que ce sont les années d’expérience qui rendent ça possible. Tu entraînes ta voix de différentes façons, tu n’écoutes pas que toi-même, tu te laisses plus aller aux émotions, etc.

Quels sont les artistes qui t’inspirent, s’il y en a ? Elize : Oui, il y en a, mais je préfère les garder secrets ! (rires) Olof : C’est un secret hautement gardé, sinon d’autres artistes pourraient lui voler ses sources ! (rires) Elize : Après Victoria’s Secret, Elize’s Secret… (rires)

Est-ce que tu as encore besoin d’entraînement ou ça vient naturellement ? Elize : Je pense que ça vient en grande partie naturellement mais je me force à faire de nouvelle choses, autrement je finirai par en avoir marre de ma propre voix. J’ai toujours envie d’évoluer et de développer mes aptitudes. Je dois aussi apprendre à ne pas avoir peur d’utiliser certaines sonorités. J’ai déjà entendu d’autres chanteurs dire qu’ils sont effrayés quand leur voix ne sonne pas comme d’habitude. Moi pas, je trouve ça fun et je pense que c’est important de connaître toutes ses possibilités. Ça correspond à ma personnalité en fait, je n’aime pas rester dans ma zone de confort, j’aime l’aventure ! (rires) Olof : Je pense qu’aujourd’hui tu n’as plus tellement besoin d’entraînement, j’ai l’impression que tu écoutes la musique et que tu t’y adaptes. C’est la même chose pour moi en tant que guitariste, je ne passe plus des heures à répéter les compos, je les écoute et les joue comme je le sens.

Êtes-vous d’accord de parler des textes du nouvel album ? Est-il question d’un concept ? Sinon, quels thèmes abordez-vous cette fois ? Olof : Ce n’est pas un concept album dans le sens où on ne raconte pas une histoire de la première à la dernière chanson. Mais je pense que cette fois, les paroles sont beaucoup plus personnelles. Je trouve ça intéressant de s’inspirer de nos propres expériences pour écrire, pas seulement en tant que musicien, mais en tant qu’humain, les moments difficiles, les joies, etc. Elize : Je pense que c’est une sorte de récit de vie, en fait. Olof : Exactement. On pourrait dire que c’est une sorte de commentaire sur les sentiments profonds que l’on ressent : l’amour, la haine, la joie, la colère, … Je pense qu’il y a un bon équilibre entre les émotions positives et les émotions fortes, pas spécialement négatives… Elize : Plutôt les émotions qu’on a du mal à gérer et qu’on ne peut pas rejeter malgré tout. Je pense qu’il peut aussi s’agir d’émotions négatives qui nous font nous sentir mal, mais il ne faut pas se plaindre, il faut faire en sorte de les transformer en quelque chose de positif à la fin. Je pense que c’est ce qu’on a essayé de faire sur cet album et ça a été bénéfique pour nous car il y avait beaucoup de choses que l’on devait évacuer.

Considéreriez-vous la musique comme une thérapie ? Elize : Absolument ! Olof : Définitivement ! Elize : Je pense même que c’est la meilleure des thérapies. Olof : C’est une des nombreuses fonctions de la musique. D’une part, si un artiste parle d’un sujet auquel tu peux t’identifier, il y a des chances que ça te touche et que ça t’aide. D’autre part, en tant que musiciens, c’est aussi une thérapie pour nous-mêmes car après avoir été constamment en tournée pendant presque deux ans, ça représente une sorte de traitement pour te vider l’esprit.

Autrement, Amaranthe existe depuis presque dix ans maintenant… Olof : Justement, il y a quelques jours, cela faisait exactement dix ans que nous avons posté notre première chanson sur Myspace. C’était bien avant notre première sortie, mais « Leave Everything Behind » et « Something Else » avaient été postées à l’époque, il y a presque dix ans jour pour jour.

Comment vous sentez-vous en réalisant cela ? Elize : C’est plutôt effrayant, en fait. Olof : C’est dingue ! J’ai encore l’impression qu’on est un nouveau groupe, alors qu’on a déjà sorti presque cinq albums. Elize : J’ai l’impression que la vie passe vraiment vite. Parfois je me dis : « Oh zut ! Je dois me dépêcher, je dois faire quatre enfants, puis j’ai besoin de faire ceci et cela… »

Vous avez déjà pensé à faire quelque chose pour célébrer cette première décennie ? Elize : Non, pas vraiment, mais on devrait faire quelque chose pour l’occasion. Olof : On n’en a pas encore parlé parce qu’on a encore un peu de temps, mais je pense qu’on devrait faire un gros truc, un show spécial ou quelque chose du genre. Elize : Merci de nous en avoir parlé, on va commencer à planifier maintenant ! (rires)

D’un autre côté, est-ce que vous avez une chanson préférée d’Amaranthe, une chanson que vous adorez jouer en live, par exemple ? Elize : Ah non, c’est vraiment une question difficile ! Olof : Pour ma part, je suis plutôt frustré de ne pas pouvoir jouer certaines chansons en live. Autrement, j’ai quand même cinq ou six morceaux préférés, mais ils changent avec le temps. Par exemple, aujourd’hui, j’ai vraiment adoré jouer « Dynamite », j’ai senti une connexion particulière avec l’ambiance, le public, c’était spécial. Il y a aussi des chansons que le public adore et ça donne lieu à des moments vraiment particuliers, comme « Amaranthine », « Hunger », « Drop Dead Cynical » ou «  The Nexus ». Ça varie ! Elize : Moi, en fait, il n’y a aucune chanson que je n’aime pas chanter en live.

Et comment te sens-tu sur scène quand tu te retrouves toute seule pour entonner « Amaranthine » ou « Endlessly » ? Elize : Au début, j’étais toujours un peu stressée quand je voyais que tout le monde quittait la scène. Mais j’ai essayé de combattre ça et maintenant, avec le temps, quand je me retrouve face au public, je me sens bien et tout se passe naturellement. Puis, quand les gens se mettent à chanter avec moi, c’est vraiment un sentiment merveilleux ! Olof : J’aime aussi ces moments, quand le public reprend nos chansons en chœur, c’est génial !

Elize, tu es aussi la seule femme dans le groupe. Comment ça se passe en général ? Elize : Je me sens un peu différente, parce qu’évidemment, je suis différente, mais je me sens aussi fière. Toutes les femmes devraient se sentir fières, d’ailleurs !

J’ai sans doute le temps pour une dernière question : qu’est-ce que vous aimez en Belgique ? Elize : Les gaufres ! Olof : Pour ma part, j’ai dû venir une dizaine de fois en Belgique, sans compter les fois où on a juste transité à l’aéroport, mais je n’avais jamais eu le temps de visiter. Et hier, pour la première fois, je me suis enfin arrêté à  Bruxelles. Cela faisait des années que je voulais absolument voir la Grand Place et j’ai été scotché, c’était merveilleux ! Quelle architecture ! J’en ai aussi profité pour manger des moules et goûter des bières, c’était vraiment super !

*

Aujourd’hui, nous savons désormais que le cinquième album d’Amaranthe s’intitule « Helix » et qu’il sortira le 19 octobre 2018. L’artwork a également été dévoilé, ainsi que deux premiers singles : « 365 » et « Countdown », dont les clips sont une fois de plus signés Patric Ullaeus. On verra ça dans une chronique entièrement dédiée à l’album, mais en attendant, pour ma part, ces extraits me semblent tout à fait prometteurs. Rythmés et entêtants à souhait (ainsi que déjà appris par cœur), je suis terriblement impatiente de découvrir la suite !

amaranthe_helix

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